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Le cinéma et la société…

Le cinéma et la société…

Le cinéma et la société

L’oeil du cinéma peut voir la vie, l’évaluer et agir pour la transformer ensemble au besoin.

 

 

 

 

 

 

 

Ma vision générale du cinéma:

L’oeil du cinéma peut voir la vie, l’évaluer et agir pour la transformer ensemble au besoin. L’œil du cinéma peut faire rêver et découvrir de nouveaux horizons. L’œil du cinéma peut poser un regard sensible et interrogatif à propos des mouvements de la vie. Face aux situations problèmes, le cinéma peut discerner entre finalités et normativités en concurrence, il peut ajuster le regard selon les priorités issues du discernement, il élabore ainsi un nouveau regard capable d’éclairer les situations problèmes au sein desquelles la vision et les visions sont brouillées et les âmes étouffées par une noirceur triste. En favorisant une intelligence joyeuse et éclairée dans la rencontre des regards, l’œil du cinéma peut récuser les laideurs, les regards malveillants et les transformer en des regards bienveillants. L’œil du cinéma peut susciter un éclairage à partir du cœur et de l’esprit. L’œil du cinéma peut trouver des passages entre le visible et l’invisible. Le cinéma peut libérer les visions, il peut cultiver dans la bonne intelligence du pluralisme l’égale dignité des visions différentes.

« Soutenir une personne par le regard» indique que regarder est en lien avec une force d’action agissante. « Avoir un droit de regard à propos d’une question », souligne que regarder est une « compétence », une capacité quasi juridique inaliénable. Chaque personne peut regarder sans entrave au fond d’elle, autour d’elle et l’univers entier.

Garder quelqu’un sous son regard bienveillant est en lien avec prendre soin d’autrui, reconnaître autrui, accepter autrui, et participer à l’épanouissement d’autrui. Le regard peut s’autocapaciter dans l’exercice de la vision avisée en cherchant à poser un regard sensé et libre à propos de la vie, un regard tolérant. La rencontre des regards permet l’élargissement de la vision.

La transformation du regard est capable de conduire la vision vers des joies et des plénitudes inattendues. Leonard de Vinci disait « le regard est la fenêtre de l’âme » et encourageait les gens à rêver, à imaginer, à créer. Dans le domaine des spiritualités, au japon le Zen invite à « cueillir l’œil du Bouddha et s’asseoir en son creux », en Turquie le soufi humaniste Djélaleddin Roumi père des derviches danseurs dit « emprunte ta vue à l’amour du Bien Aimé : regarde son visage et le monde avec ses yeux bienveillants». Au Népal le plus grand sanctuaire est orné des yeux de Bouddha, Savitar est un dieu aux yeux d’or dans les Vedas indiens. Dans l’Ancien Testament (Nombres 21 :9) « Dieu dit à Moïse : fais toi un serpent brûlant, et place le sur une perche; qui aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. Moïse fit un serpent d’airain, et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d’airain, conservait la vie. »

« Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer » (Marc 10, 21)

Jésus enseigne à regarder les autres non seulement avec les yeux et les sentiments, mais avec le regard de la Bienveillance sur chaque être humain. Le regard aimant de la Bienveillance est nécessaire à l’humain comme un point d’appui ferme devant le néant existentiel et les démesures sociopolitiques. Les arts visuels et les autres textes sources de la vie culturelle incluant les religions humanistes peuvent libérer le regard pour qu’il puisse voir la terre et le ciel.

Comme les lieux sacrés et les textes religieux, les arts visuels forment un lieu de ressourcement pour le regard. La créativité du regard peut se partager et se transmettre. Le regard créateur consolide les relations… Les différentes communautés de visions peuvent apprendre à interagir en bonne intelligence pour élaborer une vision commune et tolérer la diversité des visions.

Comment fait-on pour voir le monde comme ceci ou comme cela?

Un regard soutenu et avisé s’alimente par une catégorie motrice éclairante. Celle-ci émerge en tant qu’élément priorisé lors d’un discernement dans une situation concrète comme une enquête où l’obscurité qui touche un sujet ciblé est interrogée scrutée selon des conséquences souhaitées, des devoirs incontournables, et selon des types de visions. La catégorie motrice est comme un argument principal qui détermine la forme de la perspective du regard. Du point de vue de l’éthique du regard et des types de visions, la catégorie motrice peut emprunter deux modalités éthiques et quatre modalités de vision. Au niveau éthique, la catégorie motrice peut conduire le regard soit vers le chemin de l’éclairage selon les devoirs obligatoires (comme le respect de l’égale dignité, l’autonomie, le pluralisme, la solidarité), soit vers le chemin de l’éclairage qui dépend des finalités souhaitées (par exemple un monde plus favorable aux intérêts des femmes). Au niveau des types de visions : les textes sources en arts, sciences, philosophies, et religions représentent les quatre types de visions comme couleurs primaires. L’importance de la catégorie principale a été indiquée par l’École de Marburg, (Cassirer, Cohen), Wittgenstein (deuxième période de travaux) et par Francis Jacques qui propose (en articulant la première et la deuxième période de ses travaux) un dispositif de conjugaison permettant de redistribuer les catégories dans un jeu de reprises catégoriales consenties entre différents types de textes sources, différents types de visions.

 

Le commentaire concernant le film Mustang :

Le film Mustang montre la partie visible de l’iceberg concernant les noirceurs de la condition féminine en tant que problème de société qui affecte des vies humaines réelles. Le film révèle un problème de société en images et il appelle à agir. Mustang met en contraste des laideurs intenses et des beautés denses, il met en tension des noirceurs tristes et des espoirs prometteurs. La mise en contraste s’effectue d’une manière fictive tout en historicisant les faits évoqués comme un problème de société qui affecte la vie des jeunes femmes. Le film suscite chez le spectateur le désir de cerner le problème et de répondre adéquatement au problème, mais tout le travail de discernement et d’action collective reste à faire.

Dans le film Mustang la résolution du problème se limite à la performance d’une fugue de la campagne vers la ville chez une institutrice moderne face à la tradition. Les souffrances vécues, la déviance masculine et la domination masculine, ne sont pas des simples fruits issus de l’opposition entre tradition et modernité, ville et campagne.

Nous pensons que la réalisatrice pourrait avec un deuxième film tenter de révéler la partie invisible de l’iceberg selon une analyse descriptive crédible à propos des causalités éventuelles de la crise qui touche la condition féminine. Puis avec un troisième film la réalisatrice pourrait explorer des sorties de crise, probables et bien articulées.

Le deuxième et le troisième films pourraient faire tomber à l’eau les accusations contre la réalisatrices telles que : l’usage opportuniste des recettes de films calibrées selon les critères du marché international; et l’accusation du manque de sincérité dans l’engagement social.

 

 

Özdemir Ergin

 

 

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Le film Mustang

Le film Mustang

 

Özdemir Ergin / Bizim Anadolu / Notre Anatolie / 22 février 2016

 

 

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