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Ilyas Halil et son livre ‘On devra attendre 65 ans’

Ilyas Halil et son livre ‘On devra attendre 65 ans’
Ilyas Halil et son livre ‘On devra attendre 65 ans’

Dans les poèmes de Halil, la nature et l’être humain se marient…

‘On devra attendre 65 ans’ est le titre du nouveau livre de Ilyas Halil, le poète montréalais.

Le livre comporte 72 poèmes en deux langues, turc et français.

Ömer Özen

Ömer Özen

Ilyas Halil est bien connu en Turquie non seulement comme un poète mais aussi un nouvelliste. Les sujets et les personnages de ses nouvelles sont à la fois de Montréal de toutes origines, à la fois du Moyen-orient et de la Turquie, et surtout de la côte méditerranéenne où il est né.

Dans ses poèmes qui sont quatre à cinq vers, le poète observe bien la vie des êtres humains en relations avec la nature, le quotidien, mais surtout la tranquillité.

Malgré le fait que Ilyas Halil a vécu pendant longtemps hors de la Turquie, son pays natal, il oeuvre la langue turque comme un bijoutier et il utilise l’humour avec beaucoup de soins aussi bien dans ses nouvelles que dans ses poèmes.

 

On devra attendre 65 ans

On devra attendre 65 ans

Talat S. Halman, le poète et le journaliste connu parle de lui et identifie comme « un virtuose de la ‘poésie pure’ propre à lui-même » et continue comme suit: « Quand j’ai lu ses premiers oeuvres de trois à cinq vers dans les années 1960, c’est ce que j’ai eu comme impression. Cette impression est plus profonde maintenant, autant dans ma tête que dans mon coeur. Ilyas Halil capte un moment miraculeux de la poésie et il en crée un monument. »

Justement, les poèmes de Halil qui ressemblent à la fois aux ‘haïkus’ japonais, mais aussi ils se nourrissent de la poésie traditionnelle turque et ottomane.

Ilyas Halil nous fait remarquer d’autre façon de la vie via ses poèmes, comme on n’a jamais vue:

Hier
tu as laissé
la marque
de ton visage
sur la pleine lune

Ce matin
je suis sorti
te chercher
dans l’eau.

Et l’humour avec beaucoup de soins:

Alors qu’on martelait
le dernier clou
j’ai soulevé
la tête hors de cercueil:
« Tu ne pourrais pas faire moins de bruit? »
dis-je,
« Nous sommes à la morgue tout de même
un peu de respect ».

On se sent la nature en profondeur dans les poèmes de Ilyas Halil et ceux-ci nous font éloigner de la vie quotidienne de la grande ville en chaos. C’est comme la vie reprend un rythme en douceur. Voici quelques extraits:

Le 2 janvier au matin
la neige
remplissait
la rue Miller
complètement déserte.

Je me demande quel idiot
pouvait croire
que Miller
était une rue.

***

Pour entendre
tes pieds nus
marcher
dans le sable
la mer s’est calmée
et le vent s’est tu.

***

Il y a quelque temps
je regardais
le soleil
disparaître
derrière les îles.

Si je n’avais pas su
qu’il réapparaîtrait
le lendemain,
j’aurais été fort triste.

***

İlyas Halil

İlyas Halil

Ilyas Halil est né à Adana au sud de la Turquie en 1930 et a passé son enfance comme sa jeunesse à Mersin près d’Adana au bord de la Méditerranée. Ses premiers poèmes sont publiés dans les différentes revues littéraires de l’époque. Plus tard ses livres de poèmes sont apparus: Hal ve Hayal (1950), Öpücük (1951), Mürdüm Dali (1953), Emerson’dan Siirler / Poèmes d’Emmerson (traduction, 1954) et Yalandir Herhalde (1959) etc.

Au début des années 60 il est émigré au Canada et est installé à Montréal avec sa famille. A partir de 1983 ses livres de nouvelles sont apparus dans les vitrines des librairies. Quelques titres de ces oeuvres sont: Doyumsuz Göz (1983), Çiplak Yula 1985), Sarhos Çimenler (1995), Gâvur Memur Araniyor (1999) etc.

Plus tard le lecteur a retrouvé Ilyas Halil avec ses poèmes en commençant le livre ’65 Yıl Beklemek Gerek / On devra attendre 65 ans’.

Les plus part de ses livres des poèmes et des nouvelles sont traduits en anglais, en français, en arabe, en grec, en chinois et en ukrainien etc.

En attendant d’autres oeuvres de Ilyas Halil, voici, nous vous présentons le poème qui a donné son titre au livre:

Pour comprendre pourquoi
un homme de 65 ans
reste assis sur un balcon
à regarder les oiseaux
on devra attendre
65 ans.

 

 

Ömer Özen / Notre Anatolie / Août 2008

 

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